2. LA PROBLÉMATIQUE ET LES ENJEUX

2.1. Intervenir sur le fonctionnement de la langue

2.2. Instaurer la parité

2.3. Refléter et accompagner l'évolution sociale

2.4. S'accorder sur les frontières de la féminisation

2.5. La position de la commission


2. La problématique et les enjeux

Les difficultés d'une intervention sur le contenu de la langue ayant été exposées et les frontières de compétences tracées, les enjeux d'une intervention gouvernementale doivent encore être explicités. Il n'est pas sûr que tous les intervenants dans le débat ouvert sur la féminisation des noms de métier, fonction, grade ou titre aient les mêmes objectifs. Toute imprécision sur la finalité d'une démarche dans laquelle le gouvernement s'engagerait ne pourrait que nourrir des doutes sur sa légitimité et son efficacité.

2.1. Intervenir sur le fonctionnement de la langue

S'agit-il de modifier, fût-ce indirectement, le fonctionnement de la langue ? C'est là une hypothèse très peu probable car assurément absurde et, par conséquent, vaine.

Toute langue est arbitraire. Aucun son ne désigne naturellement un objet de la réalité et toute règle syntaxique ou grammaticale n'est qu'une convention admise entre les différents individus composant un même peuple. C'est ce qui explique la pluralité des langues et fait obstacle à l'existence d'une langue universelle. Ce lien arbitraire entre les mots et les choses est encore renforcé par la succession des héritages historiques qui ont modelé la langue et cristallisé son fonctionnement.

L'évolution d'une langue ne résulte pas d'un projet conscient ou d'une planification rationnelle, mais de l'ensemble des influences contingentes qui ont façonné son visage actuel1. Comme tout organisme vivant, la langue est le produit d'une histoire avec ses hasards, ses crises et ses ajustements.

Ainsi, les règles qui régissent la distribution des genres en français remontent au bas latin et constituent des contraintes internes avec lesquelles il faut composer. C'est le cas des noms de choses et d'animaux, qui donnent pour cette raison bien du mal aux étrangers qui apprennent notre langue et ne comprennent pas pourquoi les uns sont masculins, les autres féminins. C'est le cas des articles pluriels (les, des) qui ne distinguent pas les genres  des pronoms (on et lui) qui les neutralisent  des pronoms possessifs qui, par euphonie, ne suivent pas le genre du nom auquel ils se rapportent (on dit ma soeur, mais mon amie).

C'est le cas aussi des règles de formation de l'accord au pluriel, qui font qu'une addition de noms masculins et féminins s'accorde au pluriel au masculin (la table et le bureau sont rangés), ou encore de la règle même du pluriel qui veut qu'un groupe composé d'hommes et de femmes soit désigné par un masculin pluriel. « hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits » n'exclut pas les femmes mais les englobe dans le genre humain. «mari et moi sommes assis sur un banc » nous désigne assurément tous les deux bien que l'attribut ne s'accorde qu'avec le masculin. Désigner les hommes par un terme générique, c'est nécessairement inclure les femmes. Dire que l'une d'entre elles est le meilleur des ministres consiste à la comparer à tous les ministres, ce que la meilleure des ministres ne ferait pas puisqu'une telle expression désignerait la meilleure d'entre les femmes ministres.

L'une des contraintes propres à la langue française est qu'elle n'a que deux genres. Pour désigner des qualités communes aux deux sexes, il a donc fallu qu'à l'un des deux genres soit conférée une valeur générique afin qu'il puisse neutraliser la différence entre les sexes. L'héritage latin a opté pour le masculin. On pourrait certes transformer arbitrairement la règle actuelle en son contraire (le féminin l'emportant alors sur le masculin). Cependant, dans ce cas, l'objection qui vaut, du point de vue de certaines féministes, contre le masculin vaudrait à l'encontre de la règle inversée. On ne peut choisir entre perpétuer l'usage ou l'inverser. L'inversion compliquerait les choses pour un résultat identique.

Pour sa part, la commission exclut l'hypothèse qui consisterait à se donner pour objectif de modifier l'architecture interne de la langue. La langue n'est pas un outil qui se modèle au gré des désirs et des projets politiques, mais bien une réalité soustraite à la volonté de puissance des gouvernants, qui a sa vie propre et ses rythmes d'évolution particuliers2. Méconnaître ce fait priverait l'entreprise de sa légitimité, la condamnerait à l'échec et lui conférerait le caractère d'une idée sans force.

2.2. Instaurer la parité

La féminisation peut, plus raisonnablement, s'interpréter comme la décision d'inscrire dans la langue la revendication politique d'une parité entre les hommes et les femmes dont les conditions pratiques ne sont pas encore réunies.

La parité de droit est, en effet, un objectif proclamé auquel le projet de révision de la constitution entend conférer une réalité juridique sans équivoque3. La légitimité de cet objectif n'est pas contestable. Pour autant, l'écart entre le droit et la pratique n'est pas comblé. L'égalité de droit entre les hommes et les femmes exige une traduction concrète qui tarde à se manifester dans les faits 4. La parité reste une revendication dont les moyens sont à discuter.

Cependant, il ne va pas de soi que cet objectif ait nécessairement une implication linguistique et que la parité doive se traduire dans la langue. Faire de la féminisation du langage une priorité risquerait d'en faire artificiellement l'enjeu d'un conflit dont l'issue aurait une influence décisive sur les relations sociales.

Une telle entreprise repose, en outre, sur un postulat bien incertain qui consiste à faire du langage un levier de transformation de la réalité sociale. La conviction selon laquelle, parmi les barrières culturelles qui s'opposeraient à l'égalité des chances, le langage occuperait une place centrale (parce qu'il renverrait quotidiennement le prestige, l'autorité ou la compétence au masculin) demande à être étayée. Non seulement il n'est pas démontré que le langage soit une oppression, mais surtout il est dangereux de lutter contre une idéologie par une autre idéologie. Les phénomènes sociaux ou politiques évoluent et le langage reste5.

En théorie, la parité n'implique pas logiquement une traduction linguistique, qui pourrait d'ailleurs au contraire se faire au détriment de l'égalité entre hommes et femmes. Point n'est ici besoin de rappeler les effets pervers de toute discrimination positive. Il suffit de noter qu'une différenciation systématique opérée par le biais du vocabulaire promeut moins l'égalité que la différence des droits. Si les conditions pratiques de l'accès des femmes aux positions sociales les plus hautes doivent être réunies, il n'est pas certain que les femmes acceptent l'idée d'accéder à ces positions parce qu'elles sont des femmes, que le langage désigne comme telles, et non parce qu'elles sont, en droit, les égales des hommes.

En outre, toute violence faite au langage ne suffirait pas à changer les pratiques sociales, à moins de conférer aux mots un pouvoir magique qu'aucun témoignage empirique ne vient attester. Le meilleur moyen de lutter contre les inégalités entre hommes et femmes n'est vraisemblablement pas de dire mais de faire  non de changer les mots mais les choses6. Le triomphe d'une égalité bavarde, d'une parité de surface, ne saurait assurer dans la pratique une égalité des chances que seule l'action collective peut promouvoir. Pire, elle pourrait masquer l'inertie des acteurs sociaux, trop heureux de trouver dans les mots l'alibi de leur passivité.

En pratique, de surcroît, cette traduction linguistique ne s'impose nullement. Depuis un siècle, la promotion des femmes s'est faite sans différenciation linguistique, par le biais d'un vocabulaire uniforme. La revendication féministe en Europe, et en France tout particulièrement, a centré son combat sur l'égalité des droits en demandant que soit reconnu dans la femme non l'individu sexué mais le sujet dont les talents doivent être comparés avec ceux de tout autre et dont les capacités juridiques doivent être reconnues égales à celles des hommes. Aller contre cette tendance historique serait, une fois de plus, faire violence aux femmes, méconnaître la force juridique de leur revendication qui, loin de céder aux sirènes du droit à la différence, a voulu promouvoir une conception républicaine de l'égalité, conforme à l'esprit des institutions.

En conséquence, il faut se garder de forcer une évolution linguistique dans le but d'accélérer une mutation sociale. La langue recueille d'ordinaire l'usage plus qu'elle ne le commande. La fonction des dictionnaires est d'ailleurs d'attester les pratiques établies en ne consignant que les formes répandues depuis longtemps. Le retard sur la langue des travaux du dictionnaire a ses raisons. Faire état de l'usage exclut qu'on puisse le devancer. La volonté de contrecarrer l'usage n'est pas exempte de l'illusion d'une instrumentalisation possible de la langue.

A contrario, s'opposer à cette violence n'implique pas la volonté réactive de fixer la langue dans son état actuel comme si elle constituait la table de lois immémoriales et immuables. Les règles de la langue ne sont certes pas des normes constitutionnelles, mais elles ont une vie propre et une temporalité spécifique que l'intervention volontariste ne peut modifier à sa guise. La responsabilité, en matière linguistique, consiste à accepter ces contraintes internes et à se résoudre à officialiser les changements de la langue parce qu'ils ont reçu la consécration de l'usage.

2.3. Refléter et accompagner l'évolution sociale

Il est également possible d'interpréter la volonté de féminiser comme le désir d'accompagner une évolution sociale marquée par l'accès des femmes à des métiers ou à des positions hiérarchiques dont elles avaient été longtemps écartées. Il s'agirait alors moins de modifier les usages de la langue pour provoquer un changement social que d'adapter la langue à une évolution sociologique réelle dont elle ne rendrait compte que très partiellement. Il n'est pas anormal, en effet, que le langage traduise les changements de société et coïncide avec eux. La féminisation des titres est un phénomène social avant d'être un phénomène linguistique.

Le véritable enjeu de la féminisation, celui que retiendra la commission générale de terminologie et de néologie, serait donc, en vérité, de supprimer le sentiment de décalage du langage par rapport aux moeurs. à cet égard, la décision de modifier la langue n'est peut-être pas le meilleur moyen d'atteindre l'objectif social qu'on se propose. La langue reflète à son rythme les différents moments de l'évolution sociale. Elle n'en est pas plus le miroir fidèle qu'elle n'en est le levier. La lente maturation des usages de la langue peut faire naître le sentiment que les mots sont en retard sur les moeurs. La position nouvelle des femmes dans la société civile n'a pas provoqué une évolution lexicale et grammaticale immédiate parce que la langue n'est pas la copie conforme des mutations qui affectent les relations sociales. Si l'évolution sociologique commandait nécessairement une traduction linguistique, celle-ci aurait déjà eu lieu. En réalité, des moeurs à la langue, il n'y a pas d'implication logique continue.

L'usage demeure une réalité complexe. Les points de résistance doivent être pris en compte. Les raisons qui s'opposent à la féminisation ne peuvent, a priori, être considérées comme déraisonnables. On ne peut leur répondre par le mépris, ni reprocher à ceux qui résistent un aveuglement social, symptôme de leur asservissement par les institutions et par la langue. Se moquer des femmes qui refusent la féminisation de leurs titres supposerait à tout le moins de démontrer qu'il y a derrière la langue un complot et qu'elle se réduit à un instrument idéologique7. Il convient, au contraire, de comprendre ce refus chez celles qui pourraient saisir la féminisation comme un moyen de faire reconnaître leur altérité.

Ce décalage linguistique ne saurait être résorbé de manière volontariste sauf à méconnaître le travail indispensable du temps. Il ne sert à rien de vouloir accélérer ce travail et de heurter ce qui par la pratique doit être assimilé. Ce décalage n'est, de surcroît, pas si grand ni décisif qu'il faille en faire une priorité et décider, séance tenante, de tordre les mots pour qu'ils restituent fidèlement les choses.

2.4. S'accorder sur les frontières de la féminisation

La féminisation a ses références anciennes, comme en atteste le vocabulaire des métiers8. La question posée par la commande gouvernementale est celle de son ampleur et de son extension souhaitable sous la forme d'une déclinaison systématique des noms de métier, fonction, grade ou titre.

Le danger d'une telle généralisation volontariste est celui de toute entreprise systématique. Elle ne doit pas simplement éviter l'écueil d'un catalogue dans lequel à chaque terme masculin devrait absolument correspondre un équivalent féminin, au prix parfois de multiples torsions linguistiques. Elle suppose, de surcroît, que l'on puisse préalablement s'accorder sur le fait de savoir où commence la féminisation mais plus encore où elle finit. La neutralisation se constate et se pratique sans difficulté comme ressource offerte par la langue. Les jeux littéraires peuvent, à l'envi, brouiller les pistes en gommant la différence sexuelle9.

La pratique de la féminisation n'a pas ces facilités. L'utilisation d'un mot masculin, que l'on rendrait épicène10 pour la circonstance (la ministre), peut ne pas satisfaire les tenants du « différentialisme » qui pourraient considérer que la différence doit être marquée au-delà de la détermination du genre par le seul article (la ministresse ?). Ce « différentialisme » pourrait culminer en un « visibilisme » revendiquant une féminisation qui, non contente de se lire, soit clairement perceptible dans l'usage oral. «Apprentie puis mousse sur un bateau, Claude Martin rejoignit son amie et lui fit un cadeau » ferait ainsi partie des formules dont la féminisation est insuffisamment sonore et limpide.

Une telle revendication insatiable risque cependant de mener à l'absurde une intervention qui bouleverserait les structures et pervertirait les règles de la langue. Dans une langue, tout se tient. Intervenir sur les mots n'est pas sans incidence sur la syntaxe. La féminisation du vocabulaire posera nécessairement la question des accords de l'épithète, de l'attribut et des participes (les garçons et les filles sont également fortes en maths ?).

2.5. La position de la commission

Le bon sens demande d'admettre que nous sommes inscrits dans un mouvement de transformation de la société qui entraîne sans conteste des conséquences linguistiques. Cependant, il nous faut reconnaître que le langage est aussi une réalité objective qui a des règles de fonctionnement propres. Il n'est ni possible, ni souhaitable de les modifier d'une manière générale et mécanique, autoritaire et instantanée.

La commission estime, en conséquence, qu'il faut d'abord veiller à ce que permettent ou non la grammaire et l'usage. Les travaux préalablement engagés dans cette direction nous montrent, en effet, qu'il n'y a pas de normes spécifiques et générales applicables aux appellations féminines. Il faut donc procéder avec souplesse et pragmatisme. Rien n'interdit de laisser la langue et les habitudes évoluer au cas par cas. Rien ne s'oppose, sur le plan linguistique, à ce que le directeur de cabinet devienne directrice.

Les écueils sont d'ordre pratique. Il convient de s'accorder sur les formes des dénominations féminisées, de prendre la mesure des résistances à l'emploi de certaines formes particulières (comme la terminaison -esse, ou la systématisation du -e : la cheffe ou chèfe ne recueillent pas plus l'assentiment que la cheffesse) et s'interdire de modifier des règles de grammaire pour ne pas désorganiser absurdement la langue, ce que ferait une modification consistant à affubler les mots au pluriel d'un (e) : les apprenti(e)s, ou mieux encore, comme dans certains formulaires administratifs, apprenti(e)(s). L'innovation lexicale ne se produit que quand elle est nécessaire  si l'évolution sociale est profonde, l'innovation a lieu parce que l'usage se modifie. Mieux vaut sans doute la guider que la contrecarrer et mieux vaut, quand l'obstacle ne peut être surmonté, renoncer que persévérer.

Il s'agit ensuite d'évaluer les conséquences juridiques de la féminisation. Sous l'angle juridique, en effet, il est aisé de démontrer que les conséquences de la féminisation ne sont pas toutes compatibles avec le respect de l'esprit de nos institutions. Cela exige sans doute de distinguer ce qui relève de l'appellation, pour laquelle certaines femmes peuvent légitimement souhaiter infléchir l'usage dans le sens de la féminisation de leur titre, selon des modalités qui restent à préciser, et ce qui relève de la dénomination des fonctions, des grades et des titres dans les textes juridiques, qui reste fortement contrainte par l'exigence de cohérence des normes juridiques et de respect du principe républicain qui fonde nos institutions11. Pour savoir, tout d'abord, ce que permettent la grammaire et l'usage, il convient de tirer les leçons des initiatives intervenues en matière de féminisation et de prendre la mesure des obstacles linguistiques rencontrés.


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1 L'existence de noms féminins reconnaissables par leur forme ou leur article n'est imposée par aucune logique, mais par la préhistoire du français. De nombreuses langues ne connaissent pas cette répartition entre deux genres. Cf. G. Dumezil, interview du 7 septembre 1984, Le Nouvel Observateur.

2 Nul ne peut régenter la langue, ni prescrire des règles qui violeraient la grammaire ou la syntaxe. Le cours de la langue vivante échappe au pouvoir politique.

3 Le projet de loi constitutionnelle prévoit l'ajout à l'article 3 de la constitution de l'alinéa suivant : «la loi favorise l'égal accès des femmes et des hommes aux mandats et fonctions », et va ainsi dans le sens d'une intervention sur les conditions pratiques de l'égalité entre les hommes et les femmes.

4 Ainsi, dans la fonction publique, les femmes représentent 53% des fonctionnaires, mais ne sont plus que 10% parmi les directeurs d'administration centrale, 13% dans les grands corps de l'État, 3% chez les préfets et 2% chez les ambassadeurs.

5 Tenter de démontrer la prétendue misogynie du langage aboutit rapidement à des interprétations grammaticales arbitraires et hautement fantaisistes. Ainsi, dans un Dictionnaire féminin-masculin, publié à Genève, on découvre que la pondeuse, la couveuse, de même que la balayeuse, la raboteuse, la moissonneuse ne peuvent être que féminins car ils désignent des actes automatiques et sans génie. On peut raisonnablement douter de la force d'un tel argument, immédiatement contredit par une multitude de contre-exemples : locomotive (nom féminin) est l'élément actif du train qui entraîne les wagons (nom masculin), éléments passifs. Que dire de l'ascenseur, l'aspirateur, le compresseur, le compteur, le congélateur qui sont autant d'exemples de dispositifs mécaniques, effectuant un travail répétitif, et qui sont masculins? Voir sur ce point l'article de M. Henri Morier, dans les Cahiers Ferdinand de Saussure, n 47, Droz, Genève, 1993.

6 « L'intronisation de nouveaux mots féminins ne saurait être un préalable à l'abolition des privilèges » rappelle Claude Hagège dans L'Homme de paroles, Folio.

7 Tous les sociologues n'ont pas ces précautions démonstratives. Leur thèse y perd beaucoup de sa rigueur et de sa force de conviction. Voir le débat qui a suivi la parution du livre de Pierre Bourdieu, La domination masculine, Le Seuil, 1998, et notamment Jeannine Verdès-Leroux, Le savant et la politique, Essai sur le terrorisme sociologique de Pierre Bourdieu, Grasset, 1998.

8 Dans son édition 1932-1935, le Dictionnaire de l'Académie française introduisait artisane, attachée, auditrice, aviatrice, avocate, bûcheronne, candidate, électrice, employée, factrice, pharmacienne et postière. Le terme de chauffeuse (conductrice d'automobile) n'ayant pas été admis par l'usage a été écarté lors de la révision de 1988.

9 Cf. le livre de Claude Garetta, Sphinx, où le lecteur ne peut deviner le sexe du narrateur.

10 Epicène (du grec epikoinos, commun) se dit :

- des noms n'ayant qu'un genre, quel que soit le sexe de la personne désignée : individu, modèle, monstre.
- des noms pouvant avoir un double genre suivant le sexe désigné : un/une collègue, un/une comptable, un/une élève, un/une enfant.

11Les chapitres 5 et 6 du présent rapport proposent une réflexion sur l'emploi des dénominations féminisées dans les différentes situations où il se présente.



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