L'enrichissement de la langue française


Pour demeurer présent, le français doit disposer d'un appareil de terminologie et de néologie qui propose des expressions et termes capables d'exprimer les notions contemporaines, notamment dans les activités économiques, scientifiques, techniques et juridiques. Pour faire face à ce besoin, les pouvoirs publics ont mis en place, au début des années 70, une politique d'incitation à la production terminologique conduite, sous l'impulsion des différents ministères, par des groupes d'experts des domaines concernés. Le travail produit par les dix-huit commissions ministérielles de terminologie qui ont travaillé au cours de ces dernières années est considérable, puisque celles-ci ont publié plus de 4000 termes.

Après le vote de la loi du 4 août 1994 relative à l'emploi de la langue française, il était devenu nécessaire de moderniser et de renforcer cet outil pour accroître son efficacité, faire face à l'augmentation des termes techniques et scientifiques et favoriser leur diffusion dans le cadre d'une politique de promotion du plurilinguisme.

Le décret du 3 juillet 1996 sur l'enrichissement de la langue française institue sur des bases nouvelles les procédures relatives à l'enrichissement de la langue française. Le rôle de l'Etat, en particulier, est modifié : chargé de susciter les travaux de terminologie et de favoriser leur diffusion, il n'intervient plus dans le choix des expressions et termes.

Les commissions spécialisées de terminologie et de néologie placées auprès de chaque département ministériel sont chargées d'établir l'inventaire des cas dans lesquels il est souhaitable de compléter le vocabulaire français, compte tenu des besoins exprimés, et de recueillir, analyser et proposer les termes et expressions nécessaires, accompagnés de leur définition.

La commission générale de terminologie et de néologie, placée auprès du Premier ministre examine les termes, expressions et définitions dont elle est saisie par les commissions spécialisées, en veillant à leur harmonisation et à leur pertinence, et recueille l'avis de l'Académie française.

Seuls les termes approuvés par l'Académie française sont publiés au Journal officiel.

Les expressions et termes ainsi adoptés et publiés doivent être employés par les services et les établissements de l'Etat : libre de s'imposer des obligations à lui-même, l'Etat a choisi de donner l'exemple en matière d'utilisation des mots nouveaux.

Un effort particulier sera fait par l'administration pour faire connaître les termes nouveaux et favoriser leur utilisation dans les milieux professionnels concernés et dans le public La délégation générale à la langue française, chargée du secrétariat de la commission générale de terminologie, assurera leur diffusion sur l'internet.

Les dispositifs de terminologie et de néologie existant dans les autres pays francophones sont associés de manière très étroite aux travaux des commissions françaises, notamment par la mise en oeuvre des nouvelles technologies de communication, qui facilitent les échanges de travaux et d'avis.

La Commission générale de terminologie et de néologie a été officiellement installée par le Premier ministre le 11 février 1997. Présidée par M. Gabriel de Broglie, Conseiller d'Etat, elle se réunit régulièrement depuis le mois de novembre 1996. Elle se consacre en particulier à la révision et la mise à jour du lexique général regroupant les termes précédemment publiés et à l'examen des listes en attente de publication depuis la promulgation de la loi. Elle a déjà été amenée à statuer d'urgence, à la demande de certains services publics, pour leur fournir des équivalents français de termes étrangers.

Conformément au décret du 3 juillet 1996, le ministère de la culture va mettre en place très prochainement une commission spécialisée de terminologie et de néologie, dont la présidence sera confiée à M. Alain Rey. Cette commission sera amenée à traiter les vocabulaires spécialisés liés aux différents domaines d'intervention du ministère de la culture, en particulier ceux de l'architecture ou de l'audiovisuel, secteurs qui sont confrontés à une forte demande de termes nouveaux.


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